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Dans le roman de Goethe, le malheureux Werther est une victime, à l'instar d'Aschenbach dans la nouvelle de Thomas Mann "Mort à Venise" poursuivant la quête impossible de l'amour absolu en la figure du jeune éphèbe Tadzio. On connait bien le film, peut être moins le merveilleux opéra qu'en a tiré Benjamin Britten mettant en scène la maladie avançant de façon insidieuse et virale à travers un leitmotif musical puissamment évocateur.

Généralement, les héros romantiques ont une tendance à se complaire dans une forme de narcissisme, d'auto contemplation et de nostalgie sensualiste qui les attachent à un passé révolu cyclique et répétitif. 

Ils me semblent qu'ils ont dévié d'une vision saine correspondant à celle de l'archétype de l'éternel adolescent, l'étudiant qui est toujours capable d'apprendre, de l'état d'enfance à celui de vieillard sans interruption avant d'atteindre l'immortalité conférée par la claire fontaine de jouvence.

La caricature bien connue de "l'adolescent attardé" qui sert souvent d'insultes en est le reflet inverse et le travestissement. Mais le jeune homme généreux et héroïque à la face resplendissante et conquérant la jouvence éternelle demeure une figure immémoriale. 

Si le premier passe sont temps à gémir et souffrir de ses amours malheureux (leiden), le premier fête non ses succès de façon égoiste et vulgaire, mais l'euphorie d'un perpétuel renouvellement créatif tempéré par les limites qu'impose l'alternance et le jeu des contraires. Transcendant les catégories du sacré et du profane, il célèbre l'existence comme une cure de rajeunissement en compagnie du soleil de son âme.

La fuite dans l'idylle temporaire fait place à la stabilité du sentiment amoureux. Les plaisirs fugaces de la randonnée parmi forêts et montagnes font  place aux joies et promesses de l'éternel printemps.