Romantisme scientifique

03 septembre 2018

Romance et romantisme

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Ce qu'il manque pour que le romantisme puisse s'incarner et s'appliquer à la vie quotidienne, c'est une méthode permettant de structurer les relations sans s'en remettre aux impressions sensibles. Je crois que c'est la seule façon de dépasser le stade fantastique de l'idylle et de la romance pour parvenir à une union stable.

Souvent les personnes extérieures regardent d'un oeil amusé les romances, sachant qu'elles sont éphémères et ne sauraient durer plus que deux ou trois clins d'oeil et claquement de doigts. En effet, faute de méthode et de conscience, elles sont vouées à disparaître, une fois leur fonciton d'escapade et de fuite face au réel accomplie.

Mais le romantisme est tout autre chose, c'est un roman qui s'écrit à deux non dans une fusion égotiste et refermée sur elle même, mais à destination des autres, rayonnante comme une sphère qui s'ouvre sur sa périphérie. L'unité est mobile et vivante non fixatrice et immobile. Elle est évolutive. Dans le romantisme, le dialogue constant permet de fixer en des "scènes et paysages de l'esprit" toutes les impressions du passé pour les recomposer en nouvelles figures attachantes vidées de leurs contenus angoissants.

La sympathie entretenue entre deux êtres permet de faire revivre comme une "catharsis" par l'oeil de l'esprit des impressions et moments du passé à l'aune du dialogue entretenu par le feu de l'âtre au gré des chemins et conversations interminables à condition de ne rien cacher et dissimuler. Ainsi il n'y a plus d'ennemis puisque tous les personnages de la pièces s'affichent dans leurs rôles respectifs au sein d'un nouveau scénario élaboré conjointement.  

Le miracle tient à l'entrecroisement de deux imaginaires qui viennent se rejoindre par leurs histoires rêvées sur une frontière commune afin de définir un espace de réciprocité. Le point de départ est l'esprit le développement se fait par l'esprit et l'achèvement dans l'esprit. Mais cette forme d'esprit n'est pas déconnecté du corps. 

Elle l'englobe pour en faire un acteur et vecteur de transformation.  

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Les joies de l'éternel Werther

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Dans le roman de Goethe, le malheureux Werther est une victime, à l'instar d'Aschenbach dans la nouvelle de Thomas Mann "Mort à Venise" poursuivant la quête impossible de l'amour absolu en la figure du jeune éphèbe Tadzio. On connait bien le film, peut être moins le merveilleux opéra qu'en a tiré Benjamin Britten mettant en scène la maladie avançant de façon insidieuse et virale à travers un leitmotif musical puissamment évocateur.

Généralement, les héros romantiques ont une tendance à se complaire dans une forme de narcissisme, d'auto contemplation et de nostalgie sensualiste qui les attachent à un passé révolu cyclique et répétitif. 

Ils me semblent qu'ils ont dévié d'une vision saine correspondant à celle de l'archétype de l'éternel adolescent, l'étudiant qui est toujours capable d'apprendre, de l'état d'enfance à celui de vieillard sans interruption avant d'atteindre l'immortalité conférée par la claire fontaine de jouvence.

La caricature bien connue de "l'adolescent attardé" qui sert souvent d'insultes en est le reflet inverse et le travestissement. Mais le jeune homme généreux et héroïque à la face resplendissante et conquérant la jouvence éternelle demeure une figure immémoriale. 

Si le premier passe sont temps à gémir et souffrir de ses amours malheureux (leiden), le premier fête non ses succès de façon égoiste et vulgaire, mais l'euphorie d'un perpétuel renouvellement créatif tempéré par les limites qu'impose l'alternance et le jeu des contraires. Transcendant les catégories du sacré et du profane, il célèbre l'existence comme une cure de rajeunissement en compagnie du soleil de son âme.

La fuite dans l'idylle temporaire fait place à la stabilité du sentiment amoureux. Les plaisirs fugaces de la randonnée parmi forêts et montagnes font  place aux joies et promesses de l'éternel printemps.     

 

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La poétisation du monde et sa sur réalisation

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La vie demande à être poétisée pour échapper au terne et au plat le plus creux. Cela devrait être une lapalissade et une évidence pour tous. Pour autant décoller dans les étoiles sans être arrimé au sol mène souvent à retomber comme une crêpe et s'effondrer au sol telle une fusée folle.

Le triste destin d'un Hölderlin enfermé dans sa tour et sombrant dans la folie d'une dissociation paranoïde (incapable de fonctionner logiquement à l'aide de son "cerveau gauche" et valsant sans arrêt d'une notion à son contraire sans plus rien pouvoir fixer, balloté par un "sturm" continu sans jamais atteindre une terre ferme) et de tant d'autre génies poétiques auxquels la mémoire collective vient rendre un mérité hommage nous avertit du triste sort qui nous attend dès lors que nous oublions le concret. http://cielam.univ-amu.fr/node/1987

A la place d'enserrer le monde sensible d'une vie nouvelle qui l'exhausse et lui confère sens et plénitude http://www.juanasensio.com/archive/2014/11/12/le-verbe-nu-meditation-pour-la-fin-des-temps-d-armel-guerne.html, nous sombrons de suite dans la nostagie complaisante propre à un monde englouti et perdu à jamais ("sehnsucht"), doublé la négation de la réalité aux profits du rêve chimèrique de retour à l'état initial de l'enfance.

Dans ces conditions tragiques, on comprend que l'adjectif "romantique" vient discréditer toute tentative de poétiser et de "sur réaliser" le monde qui nous environne comme sa propre vie. Rangé au catalogue des licornes et du bestiaire d'un Moyen âge révolu, il sonne comme un adieu définitif plutôt qu'un renouveau envisageable. Pourtant, l'aube crépusculaire et l'aurore naissante annoncent les sonnailles d'une évolution possible.

Le "cor enchanté de l'enfant" résonne encore à nos oreilles non comme une image du passé mais un futur anticipé. En effet le romantisme historique est juste un "avatar" d'un romantisme plus profond et primordial dont il représente le vêtement et la ramure. Le romantisme est tout simplement un roman, le roman de la vie qui s'écrit au présent. 

Ce roman s'écrit et se vit selon un scénario, comme une pièce de théâtres avec ses personnages qui mêlent présent passé et futur dans un seul point continu où s'entrecroise sur une scène des acteurs physiques et imaginaires. La trame obéit à une logique non définie à l'avance mais régie par des principes rigoureux et "scientifiques" au sens de la Natur Philosophie de Goethe, sa métamorphose des plantes et vision originale des couleurs de l'existence. 

A la place de suivre à l'aveuglette des sensations par nature trompeuses et des impressions brumeuses globaes et floues, elle redessine les contours et les esquisses d'un tableau vivant de l'existence orienté vers le Beau le Bien et la nature kaléidocopique du réel qui entrelace tous les niveaux de sens et de réalité.

De là se (re)compose à l'infini une unité toujours nouvelle et plus profonde.  

Posté par Alix-007 à 19:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]